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Divorce à l’amiable : la checklist pour bien préparer sa séparation

S’entendre sur le principe de la séparation ne suffit pas. Ce qui fait durer un dossier, ce sont rarement les grandes questions : c’est le relevé bancaire manquant, le crédit qu’on avait oublié, ou la déclaration fiscale envoyée trop tard.

Voici la liste des points à traiter, dans l’ordre où ils se présentent, pour aborder la procédure sans perdre de temps ni d’argent.

Avant le premier rendez-vous : réunir les pièces

Un dossier complet dès la première consultation fait gagner des semaines. Le divorce par consentement mutuel supposant l’accord des deux époux sur l’ensemble des conséquences de la rupture, plus les éléments chiffrés arrivent tôt, plus la convention se rédige vite.

Rassemblez donc, chacun de votre côté, l’acte de mariage, le livret de famille, les actes de naissance des enfants, le contrat de mariage éventuel, les trois derniers avis d’imposition, les bulletins de salaire récents, les justificatifs de charges et de crédits en cours, ainsi que les relevés de vos comptes, joints comme personnels.

Cette étape est aussi le bon moment pour vous documenter sur le déroulement d’un divorce à l’amiable et sur ce que la convention devra obligatoirement contenir. Arriver en connaissant le vocabulaire de la procédure change la qualité du premier échange avec votre avocat.

L’inventaire du patrimoine et des dettes

C’est le cœur du dossier, et la source principale des retards.

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Listez l’ensemble des biens : logement, véhicules, épargne, placements, assurance-vie, mobilier de valeur, et le cas échéant parts de société. Faites de même pour le passif, crédit immobilier en tête, mais aussi crédits à la consommation, découverts et dettes fiscales.

Deux précisions comptent. Votre régime matrimonial commande le partage, et une communauté réduite aux acquêts ne se liquide pas comme une séparation de biens. Par ailleurs, la présence d’un bien immobilier impose l’intervention d’un notaire pour établir l’état liquidatif. Lancez cette démarche pendant que la convention s’écrit, et non une fois le texte figé, sous peine de voir le dossier stagner.

Les enfants : les points à trancher avant d’écrire

Quatre questions doivent trouver une réponse commune.

La résidence des enfants d’abord, alternée ou fixée chez l’un des parents. Le droit de visite et d’hébergement ensuite, avec un calendrier précis incluant les vacances scolaires et les jours fériés. Le montant de la contribution à l’entretien et à l’éducation, pour laquelle le ministère de la Justice publie une table de référence indicative, utile pour objectiver la discussion. La répartition des frais exceptionnels enfin, santé non remboursée, activités, scolarité.

Un point de vigilance propre à la procédure sans juge : si un enfant mineur demande à être entendu par un magistrat, le dossier bascule vers une homologation judiciaire. Les enfants doivent donc être informés de ce droit, formulaire à l’appui.

Le volet bancaire, le plus souvent négligé

Voilà la section qui coûte le plus cher aux personnes mal informées.

Le divorce ne ferme pas automatiquement un compte joint. Tant qu’il reste ouvert, chacun peut y effectuer des opérations et la solidarité continue de jouer sur le découvert. La clôture ou la désolidarisation se demande à la banque, par écrit.

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Plus important encore, le divorce ne met pas fin à l’engagement de co-emprunteur. Deux époux ayant signé ensemble un prêt restent tenus solidairement de son remboursement envers la banque, quelles que soient les dispositions de leur convention. Seule la banque peut accepter de désolidariser l’un d’eux, et elle vérifie alors la capacité de remboursement de celui qui reste.

Pensez enfin à l’assurance emprunteur, aux clauses bénéficiaires de vos contrats d’assurance-vie et aux procurations croisées, souvent oubliées pendant des années.

Fiscalité : deux déclarations, et soixante jours

L’année du divorce, chaque ex-époux dépose sa propre déclaration, portant sur ses revenus et ses charges de l’année entière. Il ne s’agit pas d’une déclaration commune coupée en deux à la date de la rupture, mais bien de deux déclarations distinctes.

Un délai mérite d’être noté dès maintenant : le changement de situation doit être signalé à l’administration fiscale dans les soixante jours, via le service de gestion du prélèvement à la source. Cette démarche ajuste votre taux et évite les régularisations désagréables l’année suivante.

Côté enfants, la pension versée pour leur entretien est déductible des revenus de celui qui la verse et imposable pour celui qui la reçoit. Le parent chez qui la résidence est fixée bénéficie en principe de la majoration de quotient familial.

Une précision utile si vous quittez le domicile : une demande de changement d’adresse adressée aux impôts hors période déclarative reste visible par l’autre membre du foyer fiscal.

Après le divorce : les démarches à enchaîner

La procédure terminée, une série de mises à jour s’impose. Transmission de la convention ou du jugement aux organismes sociaux, caisse d’allocations familiales et assurance maladie comprises. Mise à jour de la mutuelle, des contrats d’assurance habitation et automobile, des comptes bancaires et des abonnements.

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Pensez également à la mention du divorce en marge des actes d’état civil, au changement d’adresse auprès des organismes concernés, et à la révision de vos clauses bénéficiaires si vous ne l’avez pas fait pendant la procédure.

Trois erreurs reviennent systématiquement : laisser un compte joint ouvert par inertie, croire que la convention s’impose à la banque, et oublier le signalement fiscal des soixante jours. Aucune n’est irréparable, toutes coûtent du temps et de l’argent.

Un divorce à l’amiable bien préparé se règle en quelques semaines. Mal préparé, il devient un divorce ordinaire.

FAQ : préparer un divorce à l’amiable

Quels documents réunir avant de consulter un avocat ?

L’acte de mariage, le livret de famille, les actes de naissance des enfants, le contrat de mariage éventuel, les derniers avis d’imposition, les bulletins de salaire, les justificatifs de charges et de crédits, ainsi que les relevés des comptes joints et personnels. Plus ces pièces arrivent tôt, plus la convention se rédige rapidement.

Le divorce ferme-t-il automatiquement le compte joint ?

Non. Le compte reste ouvert et la solidarité continue de s’appliquer tant que la clôture ou la désolidarisation n’a pas été demandée par écrit à la banque. C’est l’une des démarches les plus souvent oubliées après une séparation.

Que devient le crédit immobilier souscrit à deux ?

Les deux ex-époux restent tenus solidairement envers la banque, même si la convention de divorce prévoit autre chose. La désolidarisation suppose l’accord de l’établissement prêteur, qui examine la capacité de remboursement de celui qui conserve le prêt.

Comment déclarer ses revenus l’année du divorce ?

Chaque ex-époux dépose une déclaration distincte portant sur ses revenus et charges de l’année entière. Le changement de situation doit par ailleurs être signalé dans les soixante jours via le service de gestion du prélèvement à la source, afin d’ajuster le taux applicable.

Sources

Pour aller plus loin : Je me sépare (impots.gouv.fr) et Droits et obligations des ex-époux après un divorce (Service-Public.fr).

ADELINE D. RESPONSABLE DU SITE

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